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Intervention à la Chambre en hommage aux victimes des attentats du 22 mars 2016

intervention elio di rupo chambre

Monsieur le Président,
Mes chers Collègues,

Ce 22 mars, l’horreur nous a frappés en plein cœur.

Nos pensées vont en priorité aux victimes et à leurs proches.

Je voudrais saluer le courage admirable des services de secours et l’engagement sans relâche de nos services de police, de renseignement et de défense.

Aux actes ignobles, nous répondons fermement : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

Ces attentats sont une meurtrissure insupportable.

Nous ne nous laisserons pas faire.

Depuis 200 ans, nos libertés progressent.

Libertés démocratiques fondamentales, libertés de tous les jours : liberté d’expression, liberté d’association, liberté de la femme, liberté affective et sexuelle, liberté dans sa vie privée.

Chez nous, continuellement, l’émancipation de l’individu gagne du terrain sur l’obscurantisme.

Notre mode de vie libre et joyeux, on y tient comme à la prunelle de nos yeux.
Impossible que la terreur s’enracine sur le champ de nos libertés.

Notre réaction doit être à l’aune des menaces : pas d’attentisme.

Face aux atrocités, il ne peut être question de céder quoi que ce soit.

« Laissez la tyrannie régner sur un mètre carré, elle gagnera bientôt la surface de la terre » disait François Mitterrand.

Il avait raison. Notre réaction doit être à la mesure des menaces.

1. Nous devons d’abord renforcer la sécurité dans notre pays.

Nos services de police, de justice, de renseignement et de défense doivent être dotés des moyens humains et financiers nécessaires.

Des moyens budgétaires pour lutter efficacement contre la violence terroriste.
Mon parti y veillera. Il soutiendra toute mesure efficace.

Régions, Communautés, Etat fédéral, dans la concorde, unissons nos forces.
Au-delà de nos différences politiques, intensifions collectivement  nos actions en faveur de la sécurité.

Tant la prévention que la répression doivent être renforcées.
Faisons-le en y associant les différentes communautés du pays.

2. Les victimes et les familles des victimes ont le droit de comprendre.

Elles ont aussi un droit de savoir.

Que s’est-il-passé ? Pourquoi notre pays a-t-il ainsi plongé dans l’horreur ?

Une commission d’enquête devra faire toute la lumière.

3. La bataille contre la haine passe aussi par l’Europe. Une Europe plus forte. Une Europe centrée sur l’intérêt de ses citoyens.

Une Europe qui revient aux préceptes de ses pères fondateurs : garantir la paix, chez elle et dans le monde.

4. En Syrie et en Irak, nous, Belges et Européens, nous devons soutenir la recherche d’une paix durable et d’une transition démocratique au bénéfice des peuples.

Nous devons tirer les leçons du passé.

Sous les auspices de l’ONU, l’organisation terroriste Daesh doit être mise hors d’état de nuire.

5. La liberté commence où l’ignorance finit, disait le poète.

Au monde qui nous regarde, nous montrerons une Belgique exemplaire, digne et forte.

C’est le défi que nous nous imposons.

Nous démontrerons que la Belgique n’est ni une base arrière de quoi que soit, ni un pays assiégé, encore moins une collectivité impuissante voire désarmée.
Etre debout, c’est faire la démonstration que nous sommes déterminés qu’avec tous les pays de liberté, nous allons dans la même direction.
En réponse aux Kalachnikov et aux bombes, nous opposerons la force du droit, le vivre ensemble et l’honneur.
Mes chers Collègues,

Un mot pour conclure, à destination de notre jeunesse.

A nos enfants, je veux leur dire que notre héritage commun – la démocratie et la liberté – leur sera transmis, et transmis intégralement.

Je veux leur dire que notre Belgique restera ce qu’elle est : solidaire, ouverte, tolérante, belle et fière.

Après la tristesse et la colère, viendra le temps de l’espoir.

Espérer encore et toujours un monde meilleur, agir pour un monde plus juste, combattre pour un monde sûr ici et là-bas.

Et dire encore et encore que, plus que jamais, nous restons et resterons des amoureux de la liberté.